Pour sauver le climat, sortir du capitalisme.

Sans titre

Climat, ça urge !

Le réchauffement est en marche. Sécheresses, inondations, tempêtes et ouragans, les événements climatiques extrêmes se multiplient. Ils frappent plus durement les populations les plus pauvres et les plus vulnérables, provoquent famines et épidémies et font déjà plusieurs dizaines de millions de réfugiéEs. L’utilisation massive des combustibles fossiles – charbon, pétrole, gaz – est la principale cause de l’élévation très rapide des concentrations atmosphériques en gaz à effet de serre (GES) qui provoque l’augmentation des températures. La déforestation, la suppression de terres cultivables et l’agriculture industrielle constituent la deuxième cause de GES et doivent donc aussi cesser immédiatement. Que font les « responsables » de ce monde ? Le protocole de Kyoto et ses dispositifs centraux, la « Bourse des droits d’émission » et les « Mécanismes de développement propre » – tous fondés sur les règles du marché capitaliste – servent de prétexte à une gigantesque vague d’appropriation des ressources et n’ont fait qu’aggraver les risques environne­ mentaux tout en approfondissant l’injustice sociale. Les industriels des pays riches, avec la complicité des gouvernements, ont fait du marché des droits à polluer un business lucratif. Les prétendues solutions « technologiques » comme l’énergie nucléaire, les agrocarburants. Depuis le sommet de la terre à Rio en 1992, les émissions de GES n’ont fait qu’augmenter !

Que peut­-on attendre des négociations à Paris ?

La Conférence sur le climat – COP21 – se tiendra à Paris du 30 novembre au 12 décembre. Elle est déjà l’occasion de beaucoup de belles déclarations et d’une grande opération de communication du gouvernement. Mais que peut­-il en sortir ?

En réalité, la négociation qui a commencé porte sur la manière de présenter de manière positive un mauvais accord et sur la manière de diluer la responsabilité des pollueurs du monde « développé » et des pays dits « en développement » ou émergents. Alors que la décennie qui vient est cruciale pour sauver le climat, le texte ne fixe aucun objectif pour 2030. D’ici là chaque pays fera ce qu’il veut. Alors que les pays les plus anciennement industrialisés portent une responsabilité historique, ils ne reconnaissent pas leur dette environnementale. Ils refusent toujours de financer les mesures indispensables pour répondre au défi climatique – sur les 100 milliards de $ par an promis en 2009 seulement 10 ont été versés. Et la question des réfugiés climatiques n’est même pas abordée. Alors qu’ils ont fait la preuve de leur inefficacité et de leur nocivité sociale, la porte sera ouverte à de nouveaux mécanismes de marché carbone. La COP21 s’achemine vers un mauvais accord qui verrouillera l’avenir de la planète et de l’humanité avec des conséquences catastrophiques.

Le NPA s’inscrit dans la mobilisation pour « changer le système pas le climat » qui prépare la COP21 avec de multiples initiatives. Cette mobilisation est indissociable des combats contre les grands projets inutiles et destructeurs imposés aux populations. Qu’ils concernent les transports comme l’aéroport de Notre ­Dame ­des ­Landes, les LGV ou le TAV Lyon­-Turin, les autoroutes, l’agriculture avec ses fermes-­usines, ses élevages industriels, ses barrages destinés à l’agriculture intensive, les Center Parcs et autres bétonnages, tous dégradent le climat. Elle rejoint la lutte contre la fracturation hydraulique et l’exploitation du gaz de schiste, ou pour la sortie du nucléaire civil et militaire. Elle s’appuie aussi sur les luttes en positif pour les transports collectifs gratuits ou en défense de l’agriculture paysanne et des circuits courts… Faisons converger nos luttes, avec nos syndicats, associations, organisations politiques, car aucune mesure juste et efficace ne sera prise si elle n’est pas imposée par une forte mobilisation. Construisons un puissant mouvement avant, pendant, après la conférence de décembre 2015 pour changer le système et sauver le climat. Notre résistance est internationale et solidaire, contre l’extractivisme, contre les traités qui donnent tout le pouvoir aux multinationales, pour la souveraineté alimentaire…

Urgence climatique et justice sociale.

Les politiques d’austérité sont imposées aux populations au nom de la compétitivité des entreprises qui soi­-disant va ramener la croissance et avec elle le progrès social. Ces politiques provoquent reculs sociaux et destruction de la protection sociale, des services publics, des droits des salariéEs… Mais leur « retour de la croissance » est illusoire et serait catastrophique pour l’environnement et le climat. Il faut répondre en même temps à deux défis : réduire radicalement la consommation d’énergie tout en sortant au plus vite du nucléaire et en réalisant le passage à un système énergétique 100 % renouvelable d’ici 2050 et assurer l’accès aux biens et services fondamentaux (eau, énergie, alimentation, logement, santé, culture…) aux milliards d’hommes et de femmes qui vivent dans des conditions indignes et qui sont les premières victimes du dérèglement climatique.
Il n’y a pas à choisir entre urgence climatique et justice sociale, c’est un seul et même combat contre le règne du capital.

Sortir du capitalisme.

Le rôle des combustibles fossiles n’est qu’un aspect d’une question plus vaste. Le basculement climatique en cours est le produit direct du mode de production et de consommation imposé par le système capitaliste. Basé sur l’exploitation de la force de travail, le pillage et le gaspillage des ressources naturelles, ce système est structurellement productiviste. Mais la croissance infinie n’est pas possible dans un monde où les ressources naturelles ne sont pas infinies !
Pour réduire drastiquement les émissions d’ici 2050, il faut forcément réduire la consommation finale d’énergie donc réduire la production matérielle et les transports. C’est possible en satisfaisant les besoins et en augmentant le bien­être, si on supprime les productions inutiles et nuisibles. C’est possible tout en combattant le chômage et en créant les emplois socialement et écologiquement indispensables. C’est possible si on partage le travail, les richesses, les savoirs et les technologies…
Mais cela ne se fera pas sans s’en prendre au capital, sans remettre en cause le capitalisme.
Cela ne se fera pas non plus sans la démocratie dans et hors des entreprises pour décider, contrôler et planifier la production pour la satisfaction des besoins sociaux, dans le respect des limites écologiques.

Écosocialisme ou barbarie.

Une véritable révolution est nécessaire. Il faut tout changer !

Non seulement répartir de façon égalitaire le fruit de notre travail, mais aussi décider ce que nous produisons et comment nous le produisons, débarrassés du matraquage publicitaire et du gaspillage. Bref, il s’agit d’un changement de civilisation, de transition vers une nouvelle société, écosocialiste, fondée sur la solidarité et le respect de l’environne­ment. Une société où les grandes décisions d’aménagement, les priorités de la production et de la consommation ne seront plus prises par une poignée d’exploiteurs, de bureaucrates ou de pseudo­-experts, guidés par le profit.
La crise climatique donne une actualité brûlante à l’alternative « socialisme ou barbarie », un socia­lisme nécessairement internationaliste, un écosocialisme qui est un projet infiniment plus riche et plus enthousiasmant que la course aux profits qui détruit nos vies et dégrade le climat.

Urgence climatique et justice sociale, c’est un seul et même combat contre le capitalisme
POUR UNE TRANSITION SOCIALE ET ÉCOLOGIQUE.

 

 

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